La sortie de The Black Symphony a été un événement phare de l'année 2008 (pour une certaine communauté du moins!), tout comme l'ampleur du concert en lui-même. Les très populaires Within Temptation ont connu une énième consécration en enregistrant ce live accompagnés d'un orchestre symphonique et d'un choeur grégorien. Sans parler du rendu visuel surprenant et de l'ambiance enflammée qui en émane. Serait-il convenable d'appeler cela un concert, alors que l'on a ici affaire à un véritable spectacle en faisant ressortir l'incroyable énergie qui les unit tous? L'intro, sobrement baptisée Ouverture, donne un élégant aperçu de la suite. Composée par le chef d'orchestre J. Buckley, elle pourrait rivaliser avec les BO des plus grandes productions hollywoodiennes, si toutefois elle ne s'en inspirait pas tant. Mais on ne peut s'empêcher de saluer l'effort, tant ces sept minutes de symphonie épique et très mélancolique font appel à un large panel d'émotions.
Le tic-tac du pendule nous annonce alors Jillian, l'un des titres de l'album The Silent Force. Ainsi les six membres débarquent, la superbe chanteuse vêtue d'une ensemble rouge et noir à longue traîne et à col majestueux. Les instruments, classiques ou électriques se déchaînent, et les voix inquisitrices du ch½ur accompagnent avec légèreté celle angélique de Sharon den Adel. D'ailleurs, l'interprète du groupe brille par son punch et ses traditionnels mouvements de bras aériens. On la sent définitivement plus épanouie et motivée que jamais, ce qui n'était en effet pas le cas dans le live précédent, dans lequel la jeune femme devait préserver sa grossesse.
L'un des éléments les plus intéressants de ce show concerne essentiellement les plus vieilles chansons du groupe issus de Mother Earth et de Enter. En effet, la question serait de savoir si l'orchestre va les modifier au point de leur dérober leur particularité d'origine. Ou au contraire, serait-ce un moyen de nous les faire redécouvrir? Je ne peux manifester rien d'autre que de l'impatience pour une composition telle que le morceau Mother Earth, qui tire surtout son prestige de ses parties claviers.
Qu'en est-il du résultat? Un peu plus de passion et de puissance! Il en est de même pour Deceiver of Fools, qui méritait un songe de symphonie plus que toute autre. Ice Queen reste égale à elle-même; quant à The Promise, c'est de l'extase pure que l'on ressent après tant d'années d'absence en live. Dans le dvd live de 2002, Sharon s'était montrée pleine de prestance et très sombre, quoiqu'un peu essouflée. Ici, la chanson est interprétée avec plus de justesse (elle ne s'est notamment pas trompée dans les paroles!) et jouit bien sûr de la présence des ch½urs et de magnifiques orchestrations.
Pour les nouvelles chansons, ce sont The Heart of Everything et The Truth beneath the Rose qui ressortent le plus, entre autres grâce à la diversité vocale offerte par Sharon. Le solo de guitare de Ruud Jolie à la fin de The Truth ajoute une dimension rock'n'roll inattendue au morceau!
Il est intéressant aussi de s'attarder sur la partie acoustique du milieu du concert. L'un des points culminants de cette 'entracte' est l'arrivée d'Anneke Van giersbergen sur la ballade Somewhere. Le duo Sharon/Anneke est très complémentaire; cette dernière possède une voix troublante qui sied parfaitement à un tel titre.
On peut déplorer l'absence de Restless, seul titre d'Enter (premier opus, sorti en 1997) parfois joué sur la tournée.
La deuxième partie du concert ouvre sur Our Solemn Hour. Ce titre est riche en effets pyrotechniques, appuyant le sens des paroles qui évoquent la souffrance et la perdition.
Le titre est directement suivi d'une vieille connaissance: The Other Half (of Me), où George Oosthoek vient poser ses grunts déchirants, comme la tradition l'exige sur chaque dvd live du groupe. Le duo est explosif; encore une fois, plus de complicité se ressent que sur le TSF (The Silent Force) tour dvd.
Finalement, on regrette l'absence totale des titres d'Enter, dont certaines parties instrumentales auraient gagnées à être jouées par l'orchestre...
La présence de Stand My Ground n'est pas justifié, et What have you Done l'est seulement par le chant de Keith Caputo, qui débarque sur scène pour un duo. Mais ces titres manquent décidément de puissance et d'authenticité, mais auraient été cela dit plaisants en acoustique.
On reconnaît là un dvd plus que réussi, qui rassemble une excellente réalisation, une ambiance de feu qui tombait à pic, ainsi que six membres en pleine forme et enthousiastes, soutenus par le Metropole Orchestra et le Pa'dam choir qui livrent ici un travail exceptionnel.
Le groupe a sû nous prouver la qualité de leurs prestations en live après le piètre TSF tour dvd, dont le cadre, la scène, la setlist et la réalisation étaient plus que décevants.
A se procurer, si ça n'est pas déjà fait !